Journal de bord de la "course
exploratoire Dinartica"
Afin de réaliser une grande Dinartica,
il était
primordial d’effectuer le parcours exploratoire.
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Cela est chose faite,
en ce jour du 20 juillet 2003, le bateau « Ame du Large »,
a largué les amarres , du quai de la Perle, il est
13 heures, une foule dinardaise est venue en nombre saluée
l’équipage, après un pot fort sympathique,
organisé par la ville de Dinard, en présence
des officiels norvégiens.
L’équipage est constitué de Bruno Reibel,
skipper et organisateur de l’événement,
secondé par Cyprien Bertrand, fidèle second
du bateau, Mme Reibel Carole, femme du skipper, qui part
pour la première fois avec son mari sur un long périple,
Gyli, la représentante norvégienne sur l’événement,
et enfin deux valeureux équipiers, qui répondent
toujours présent aux périples d’Ame du
large, sur ces expéditions aux longs courts, Alex
Bertrand et Lionel Hamon. |
Dinard / Svolvær
20 juillet 2003
(0 mile : le nombre de miles est pris
tous les 24 heures) Dans l’optique de réaliser, un temps de référence,
nous nous devions de prendre un départ officiel, entre Solidor et le clochet
de l’église de Dinard, elle sera bien sûr matérialisée
par des bouées aux couleurs de la Dinartica. La sortie se fera par le
chenal du Grand Jardin, elle sera sécurisée par l’organisation
de la course, avec l’aide de la SNSM et le Yacht Club de Dinard. Il serait
bon de décerner un prix du Grand Jardin, afin de motiver les coursiers
dans leur départ.
Sous un soleil de plomb et une brise légère, Ame du large prend
son envol sous l’escorte d’une vedette rapide, affrétée
par La Chaumière, partenaire du projet. Dans la soirée la balise
NW des Minquiers est avalée, elle sera la première marque de parcours
afin de sécuriser le fameux plateau du même nom. La petite brise étant
tombée, la nuit s’annonce plutôt tranquille, l’équipage
vaque à de multiples activités, cuisine et pêche aux maquereaux.
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21 juillet 2003
(108 miles)
Nous avons pris le couloir entre Jersey et Guernesey, puis
direction, le raz Blanchard connu par ces courants violents,
ce secteur d’ailleurs sera
le seul passage à niveau de la première étape. Sans encombre
et sans courant, nous entrons dans le couloir de la Manche. Nous profitons
d’un vent léger de SW, entre 5 et 10 nœuds, pour arborer
notre superbe spi de Dinard. Il fait chaud, l’absence de vent apparent
nous oblige à nous dévêtir, afin de parfaire notre bronzage,
dans l’après midi, les premiers cargos nous accompagnent dans
notre remontée. |
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22 juillet 2003
(225 miles)
Nous entrons dans le rail du pas de Calais, contrairement à Ouessant
où
nous devons virer dans les cargos, là nous les suivons, ils nous indiquent
même la route, je pense qu’en restant dans le centre de la zone près
du banc de sables, la remontée demeure assez simple. |
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23 juillet 2003
(385 miles)
Pour nous, à présent, nous entrons
dans la grande aventure, la mer du nord. Nous quittons les derniers
cargos, la plupart d’entre eux bifurquent
vers le Benelux et la Hollande, et nous, nous attaquons le Nord. Le vent est
tombé quelque peu, nous tenons une moyenne de 6.5 nœuds depuis
le départ. L’équipage semble être à l’aise
sur la première partie du périple, tout au portant, sous spi
le bateau se régale, la mer est calme et les quarts sont paisibles.
Notre magnifique spi de Dinard a fait une multitude de tours autour de l’étai,
notre singe de service, Cyp, passe deux heures dans le mat, nous l’avons
sauvé, mais il sera indisponible jusqu’à la prochaine escale.
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24 juillet 2003
(518 miles )
Au programme du jour, l’insolite
devant nous
: à l’horizon se dessine une grosse masse métallique, puis
deux, trois, vingt huit au compteur. Il s’agit des fameuses plates-formes
pétrolières.
Elles sont immenses, mais restent inoffensives, car statiques, nous nous devons
tout de même de les contourner par un waypoint de dégagement
en accord avec l’UNCL.
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25 juillet 2003
(660 miles)
A nouveau, nous entrons dans
un champs de plates-formes, mais cette fois de nuit.
Un bateau de la Navy vient à notre rencontre, et
nous invite à aller
jouer plus loin. Dans la matinée, nous rejoignons le banc Dogger.
Nous faisons route avec une vingtaine de pêcheurs, la difficulté consiste à anticiper
leur manœuvre, ils sont imprévisibles et surtout prioritaires.
Voilà, nous
sommes à 150 miles des cotes norvégiennes, sous 25 nœuds
de vent au portant : c’est un vrai petit bonheur. |
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26 juillet 2003
(864 miles)
A une moyenne de 10 nœuds, un à un, l’équipage
s’essaie à la barre d’Ame du large, les
surfs se succèdent, et le bateau plane, tout le monde
est content. Dans la soirée, le ciel s’assombrit,
nous arrivons directement sur le phare d’Utsire, nous
touchons les cotes toujours au portant, de nuit cela semble
impressionnant.
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27 juillet 2003
(1023 miles)
De jour, c’est encore plus beau, les montagnes enneigées à cette époque,
c’est de la folie, nous apercevons la naissance des fjords sous le soleil.
Atelier lessive et séchage. Le jour se lève à 3
heures du matin, le Nord approche. Nous avons quitté la mer du Nord,
et nous entrons dans la mer de Norvège, le vent devient capricieux,
entre 0 et 15 nœuds de sud Ouest. Nous approchons du cercle polaire,
une certaine excitation monte à bord. |
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28 juillet 2003
(1114 miles)
Le vent réduit considérablement
notre vitesse, mais qu’importe : il fait beau. Cette
nuit, (deux heures d’obscurité), nous a permis
de prendre quelques clichés magiques. L’ambiance à bord
est décontractée, tout le monde commence à en
avoir marre de manger des maquereaux, mais notre matériel
de pêche, ne nous permet pas de pêcher autre chose. |
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29 juillet 2003
(1242 miles)
Ce soir, nous y seront,
l’équipage
se prépare à célébrer l’événement,
petits fours champagne. Curieusement le vent tourne et nous
sommes au pré, pour entrer dans le grand Nord. |
30 juillet 2003
(1336 miles)
Il est 1 h 30 du matin, le soleil se couche un quart d’heure, puis il se
relève.
66 ° 33.7 et 10° 44.9, ça y est nous y sommes
! L’équipe sabre le champagne, il fait frais
mais l’émotion
est perceptible, chants de marin et photos sont au programme. Nous sommes à une
encablure de la ligne d’arrivée.
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31 juillet 2003
(1447 miles)
La Norvège sur la droite,
les Lofoten sur la gauche, grandiose. Nous entrons dans le
cirque, 70 miles de l’arrivée, la première île
se nomme « Rost, », puis défilent les
autres. Cette nuit, le vent c’est levé, avec
un maudit crachin, nous nous serions crus en Bretagne, sous
deux ris
trinquette, avec une forte houle. Cela n’a duré que
quelques heures, et le vent est complètement retombé.
Nous approchons de Svolvaer sous un soleil radieux, soutenus
par une brise légère. Il est 15 h, les téléphones
portables commencent à sonner, un premier bateau vient à notre
rencontre, puis deux , trois, nous ne les comptons plus,
impressionnant, un bâtiment de la marine norvégienne,
ainsi que les Coast Guard locaux, enfin un magnifique vieux
gréement
local arrive. Tous les officiels de Dinard sont présents,
monsieur le maire semble ravis de voir les couleurs de Dinard
sur le bateau, la fête est réussie, bravo et
merci Svolvaer.
16 heures, nous entrons dans le port avec
toute
l’escorte norvégienne. A terre, le badaud ainsi
que les journalistes nous attendent afin de connaître
nos premières impressions. Le bateau s’immobilise,
la première étape est avalée en 10 jours,
et 54 minutes.
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