Journal de bord de la "course
exploratoire Dinartica"
Afin de réaliser une grande Dinartica,
il était
primordial d’effectuer le parcours exploratoire.
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Svolvær / Dinard
11 août 2003
(0 miles)
Voilà, après un séjour fantastique à Svolvaer,
nous reprenons la mer. L’équipage a changé
pour la deuxième étape : Giry ainsi que Carole
ont débarqué, elles sont remplacées
par Stéphane et Morgan, deux jeunes malouins qui ont
fait le voyage. Florence, une jeune française en stage
au syndicat d’initiative, décide de redescendre
avec nous. Après les aux revoirs sur le quai, nous
voilà reparti, le vent est passé Nord, au portant
nous quittons les Lofoten à une vitesse de 9 nœuds.
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12 août 2003
(134 miles)
Le vent est tombé un peu, nous glissons sur l’eau
et ressortons du cirque des Lofoten. Voilà nous quittons
le cercle polaire avec regrets, les automatismes commencent à fonctionner
avec le nouvel équipage,
le seul soucis concerne Florence, qui ne semble pas très à l’aise
avec son estomac. |
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13 août 2003
(243 miles)
Le vent est peu actif, nous
avançons péniblement à 4,5 nœuds,
mais le baromètre chute. En effet dans la soirée
le vent monte de 10 à 25 nœuds, le bateau accélère
et commence à surfer, sous un coucher de soleil magnifique.
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14 août 2003
(220 miles)
La nuit commence à refaire
son apparition, c’est une journée sportive qui
nous est proposée. On se régale entre 10 et
15 nœuds, le vent monte, au portant c’est génial.
A chaque quart, le record tombe, tout l’équipage
y passe sauf la pauvre Florence, qui est malade depuis le
début
de l’étape.
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15 août 2003
(453 miles)
Le vent s’est calmé, ainsi que la mer, cela
fait du bien : l’équipage va pouvoir se reposer
un peu, et bricoler le gréement. En effet nous avons
des petit soucis avec l’enrouleur, il se déboîte,
et menace de déchirer le génois. Dans l’après
midi, le vent a tourné ouest, dommage pour la route direct,
nous allons devoir tirer des bords. Il faut dire que depuis
le début à Dinard, nous avons tout fait sur
la route directe. |
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16 août 2003
(630 miles)
Voilà nous sommes
entre les îles Féroé et les Shetlands,
nous n’avançons guère, et ce que nous
craignons est arrivé, le Génois est déchiré sur
un mètre, il est inutilisable jusqu’à Dinard, à moins
de le recoudre et de l’affaler, affaire à suivre.
Nous allons le remplacer par le vieux solent Kevlar, il est
beaucoup moins grand. Je pense que nous allons tenter une
halte, en Ecosse dans les îles Orkneys, nous n’avons
pas de carte de détails, mais je pense qu’il
est urgent de débarquer Florence, son mal de mer ne
s’arrange
pas, et nous allons tenter d’affaler le génois.
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17 août 2003
(775 miles)
Nous sommes à quai,
dans le port de Stromless, l’entrée a été un
peu dur à trouver, mais nous y sommes. Florence a
retrouvé le
sourire et le plancher des vaches, elle va prendre des féeries
pour rentrer. C’est un petit village de pêcheur
que nous découvrons, ils sont en fête, car ils
accueillent leur héros, Camerone vient de gagner le
jeu télévisé « big brothers ». Le
vent monte dans le port, il nous empêche d’affaler
la voile, c’est partie remise. |
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18 août 2003
(775 miles)
Ça y est, nous voilà reparti, le soleil est
radieux et le vent est très léger mais qu’importe,
en route vers notre Bretagne. Dans la soirée, le vent
monte à 20 nœuds, prise de ris au programme,
puis affalage du solent, remplacé par la trinquette.
Le vent est orienté Ouest, cette fois cela s’annonce
plus ardus : nous avons le vent dans le nez, nous avons un
peu de mal à virer le Cap Lewis, mais il faudra bien
le passer. |
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19 août 2003
(941 miles)
On en prend plein la tête, ça
mouille au pré dans 30,35 nœuds de vent d’Ouest,
les barreurs rigolent un peu moins qu’il y a 2 jours,
cette fois il faut tenir le bateau. La mer est grosse et nous
venons de déchirer la trinquette, nous sommes obligés
de renvoyer le solent. Dans la soirée, le baro remonte
et le vent se calme un peu, nous contournons les îles
Hebrides. Ce sont de grandes montagnes et des cailloux partout,
avec un courant violent de face. |
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20 août 2003
(1012 miles)
Toujours avec du vent de face, nous tirons des bords, nous
avons renvoyé de
la toile. La nuit a été difficile, des virements devant les cailloux,
il ne faut pas se rater, de plus nous n’avons pas de cartes de détails,
alors on ne s’approche pas trop près de la côte. A la sortie
d’un grain, nous apercevons un voilier, à la VHF nous tentons de
lui parler, eurêka, c’est un français de La Rochelle, il nous
confirme la météo de la nuit, 40 à 50 nœuds de vent
de Sud-Ouest, l’équipage s’apprête à passer une
nuit mouvementée. |
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21 août 2003
(1115 miles)
Il y a des jours où il ne vaut mieux pas mettre
un marin dehors, des claques à 55 nœuds, dans une mer
croisée de 7 à 8 mètres de creux. Les
barreurs ne se pressent pas à la barre du canot, seuls
Cyp et Bruno officient à cette tache, les erreurs
seraient fatales pour le bateau. Alex, Yoyo, Morgan et Steph,
se font tremper dans la baignoire, ils sont là seulement
pour la sécu du barreur, il faut savoir courber le
dos dans ces moments. Le bateau réagit bien comme
d’habitude, il aime ce gros temps, et nous sommes en
sécurité avec lui ici. Le vent ne mollit que
vers 13 heures, tout le monde est crevé, mais le
coup de vent est derrière, et nous sommes passés.
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22 août 2003
(1214 miles)
Le vent est tombé un peu, c’est génial,
ce qu’il y a de grandiose dans ce métier, c’est
se sortir de situation délicate. Nous sommes entrés
dans le North Channel Ireland, sous un soleil de rêve,
avec du vent portant, et une mer calme, l’Irlande d’un
coté, de l’autre l’Ecosse, il n’y
a pas de mots pour expliquer ces plaisirs, venez
sur la Dinartica, vous comprendrez ces moments de bonheur. Sur le bateau, activité séchage,
et un peu de réparation, les gars se remémorent
leur nuit, ils se sentent fort d’avoir affronté les éléments
déchaînés, ils semblent fiers. |
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23 août 2003
(1332 miles)
Après le repos d’hier, cette fois cela n’est
plus très amusant, le bateau est scotché, nous
avançons à 0.6 nœuds, le soleil est présent,
mais il fait frais. Quand je pense que notre plus grande
voile d’avant est déchirée, je pense
que nous allons tenter de la réparer. |
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24 août 2003
(1399 miles)
Nous remontons le rail
de Liverpool au moteur, car il y a un peu de trafic, des
cargos et des féeries. Ça y est, le génois
est tombé,
trois équipiers à la couture, la nuit tombe
et c’est à la bougie que nous finissons le
travail. Il est renvoyé, nous marchons à 6
nœuds.
Panne de gaz, nous n’avons plus de bouteilles de rechange,
je pensais qu’il en rester, tant pis :
nous allons faire sans. |
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25 août 2003
(1598 miles)
Le vent est revenu, c’est génial. Super
journée,
soleil et vent, le Canal St Georges s’éloigne,
nous entrons dans le chenal des Scilly, au pré à pleine
vitesse, nous apercevons le Cap Lizard. Tiens, un cargo est échoué sur
la plage, cela fait une drôle d’impression, les
téléphones portables émettent à nouveau,
nous allons être en retard à Dinard : la soirée à la
Chaumière va devoir être reculée. |
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26 août 2003
(1650 miles)
Après avoir tiré des
bords toute la nuit, nous arrivons dans le rail de la manche,
le vent est un peu tombé, et comme par hasard, il
nous vient de St Malo. Après le manque de gaz, c’est
le manque de cigarettes, l’équipage fume du
thé à la
pipe, c’est un peu raide, mais bon, encore 24 heures
et nous serons à la maison. Comme d’habitude,
nous slalomons entre les cargos, une chance, il nous restait
du charbon de bois, nous avons pu chauffer de l’eau
et manger à notre faim : galette de pomme de terre. |
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27 août 2003
(1773 miles)
Voilà, ça
sent l’écurie, nous avons fait une dernière
nuit sans quart, chacun d’entre nous c’est reposé à sa
guise. Au petit matin, nous arrivons devant Cezembre, un
brouillard à couper
au couteau nous isole de la terre. J’espère
que nous allons pouvoir entrer, j’appelle le port,
no problem, il y a de la visibilité à terre.
A dix heures, nous sommes au mouillage devant Dinard. La
navette orange vient
nous chercher, nous sommes à terre vers midi : l’heure
de l’apéritif, nous allons pouvoir fêter
dignement l’événement. |
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En conclusion
Vivement le départ du 20 juin 2004, ce sera grandiose pour Dinard tous
ces bateaux devant Solidor partant pour le grand nord.
Après le voyage inaugurale,
je suis sûr que tous les participants seront ravis, le parcours
ne présente
aucun danger, la cote est toujours à moins de cent miles du bateau,
elle se fera en toute sécurité. Les équipages en prendront
plein les yeux, le soleil de minuit, le cercle polaire, les grandes montagnes
et ses fjords tous ces paysages grandioses, avec une arrivée dans
le cirque de Svolvaer.
Les Norvégiens attendent l’événement
avec impatience, ils ont tout pour nous accueillir dignement, et ils
ne s’en
prieront pas soyez en sure.
Quand au retour, le tour de l’Angleterre,
semble convenir à tous le monde. D’une part il, il satisfait
nos amis anglo-saxons et de plus, nous aurions eut tort de nous priver
d’un
tel spectacle, le contournement de la Norvège, avec comme cerise
sur le gâteau la descente du canal St Georges et le cap Lizard
comme marque de passage.
Ensuite la magie du retour à Dinard,
là même où trois
semaines plus tôt, le départ aura été donné.
Vraiment nous souhaitons créer un événement
digne de notre Bretagne, en présentant une course
internationale, voulue par les Scandinaves.
Avec l’équipe
mise en place ce jour, Sébastien Blouin
est aujourd’hui le responsable de l’événementiel à terre.
Il assurera toute la communication sur les deux ports, et animera
ce poste
avec un village à Dinard sur la promenade du Clair
de Lune, pendant une semaine avant le départ. Un village
sera créé
en l’honneur de la
course, nos partenaires seront présent, ainsi que des animations,
buvettes et galettes saucisses, et autres orchestres locaux. Sur
Svolvaer, la même
chose sera organisée, avec une touche locale : montagne
et promenade au programme, dégustation de baleine, et de
saumon. Après le dépaysement,
et réparation du bateau, une semaine et le retour sous le
cercle polaire, 7 jours sans voire la nuit. |
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